Le 26e Salon est donc à mon sens un excellent crû. J'ai apprécié particulièrement le retour en force de la couleur.
Ma sculpture préférée : "Petite enfance" de Gérard Limeuil (terre cuite patinée bronze). Malheureusement, elle n'est pas à vendre.
Mon tableau préféré : "Les douzes chaises" de Jacques Gaillard. Malheureusement, il n'est pas à vendre... Grrrr ! Pourtant, il me fait tellement penser à l'aménagement de mon salon...
"La Ferme Sainte-Marie", de Dominique Roche. J'aime bien. Dominique est une
personne que j'apprécie et la ferme est au bout de ma rue. C'est mon quartier. Je verrais bien ça au-dessus de mon lit ?
Voici maintenant un tableau de Françoise Pertus-Grussi. A nouveau j'apprécie
énormément Françoise. Et puis ça me fait tellement penser à l'aménagment actuel de mon salon de Bois d'Arcy...
Mention particulière pour cet extraordinaire pastel de Florine Contor :
"Roots". Je n'aime pas particulièrement les chinoiseries, mais là je dois dire que c'est croqué de main de maître et que c'est en outre très émouvant.
Le 21 mai, nous sommes allés avec Anne visiter le musée de l'éducation de Rouen. C'est assez sympathique. Outre une salle de classe reconstituée, nous y avons apprécié quelques tableaux représentant des classes au XIXe siècle.
La salle de classe reconstituée. Sur le mur du fond, des fusils en bois destinés à équiper les "bataillons scolaires". Brrrrr ! ça fait froid dans le dos...
Une salle de classe chez l'instituteur au début du XIXe siècle
Une autre salle de classe du XIXe siècle où l'instituteur ne s'occupe de que de trois élèves à la fois et laisse les autres complètement désoeuvrés...
Et une école chic versaillaise... Dire qu'il faut aller à Rouen pour voir un tableau représentant une école versaillaise ! Notons qu'à Versailles, la mauvaise élève était pauvre et mal habillée
(à genoux) alors que la première de la classe (à droite, sur un pupitre spécial) est super bien habillée, propre sur elle et assez aisée semble-t-il... (ça s'appelle faire du mauvais
esprit...).
"Marie d’Orléans (1813-1839), princesse et artiste romantique, est une figure hautement révélatrice des aspirations de son époque. Dotée d’une éducation solide et ouverte transmise par son père, le roi Louis-Philippe, elle se passionne pour les arts et pratique elle-même le dessin et la sculpture. Comme son frère aîné, le duc d’Orléans, grand mécène et collectionneur, elle fait preuve d’un goût novateur et tisse des liens privilégiés avec des artistes de son temps, comme l’orfèvre Wagner, l’architecte Charpentier ou le peintre Ary Scheffer. Dans l’aménagement de son salon aux Tuileries, elle donne le ton d’un style gothique qui a dépassé la fantaisie et les approximations du style troubadour pour tendre à une plus grande exactitude historique. À travers un ensemble de peintures, de meubles et d’objets personnels – dont des prêts consentis par son descendant le duc de Wurtemberg –, le musée du Louvre propose une évocation de ce salon gothique et de l’univers intime de Marie d’Orléans. Des dessins et sculptures, dont plusieurs sur le thème de Jeanne d’Arc, seront présentés. Le Louvre rend ainsi hommage à un témoin exceptionnel du goût 1830".
Voici la version officielle, sur le site du Louvre. Cependant, je pense que le propos est sérieux et l'exposition digne d'être visitée par le plus grand nombre. Je connaissais bien Marie d'Orléans, sauf que je ne savais pas qu'elle était devenue duchesse de Wurtemberg. Je ne savais pas non plus qu'elle avait dû quitter le château familial en pleine nuit -et en grand déshabillé- en raison d'un incendie.
En revanche, je pensais qu'elle était une artiste et là je suis bien déçu. Elle n'a commis que des oeuvres médiocres sauvées par un praticien génial dénommé Trouchaud. Cependant, les portraits de famille sont émouvants. Mais surtout, on découvre l'appartement aux Tuileries d'une adolescente hors normes, complètement de son temps, voire même "branchée"... une romantique bien de son époque, vivant dans un palais classique complètement démodé dans lequel elle avait fait aménager un appartement complètement moderne. Et ça c'est bleuffant. Cette princesse romantique glauque des années 1830 correspond à mon sens tout à fait au courant romantique actuel qui me semble représenté par les Emo. OK je n'y connais rien, mais j'ai vraiment l'impression que cette princesse, même si elle était médiocre sur le plan artistique, était en revanche complètement de son temps en matière de goût.
Précipitez-vous jusqu'au 21 juillet prochain. Chère Anne, à mon avis ça devrait plaire à Camille. Je pense vraiment que c'est l'ancêtre des Emo...

Vous rentrez du boulot et après le dîner vous avez la possibilité d'assister gratuitement à un moment de bonheur à la fois simple et exceptionnel, voilà qui mérite d'être signalé. Entre regarder la TV, écouter un cd ou se rendre dans le hall du centre culturel, je crois qu'il n'y a pas d'hésitation à avoir... Et l'on dit qu'il ne se passe jamais rien à Boisda...
Nos deux professeurs de piano, Bénédicte Baudoin et Guillaume Adam se sont surpassés devant un public de choix (ben oui, j'y étais...). Je fais naturellement abstraction des deux petites filles rose bonbon qui n'ont pas cessé de se coiffer mutuellement tout en bavardant sans interruption et qui m'ont obligé à terminer debout pour pouvoir bénéficier d'un confort d'écoute maximum (elle étaient accompagnées par quelqu'un qui a laissé sonner son téléphone mobile... c'est de famille...).
Félicitations à Bénédicte et à Guillaume ! Heuh, Guillaume c'est mon prof. Et c'est mon prof de piano préféré, aussi à l'aise, aussi gentil et aussi professionnel avec une petite fille douée qu'avec un vieux con pas doué (suivez mon regard). Qu'il en soit remercié !
Bénédicte et Guillaume
Guillaume. Difficile à photographier, il bouge tout le temps.
En tout cas, merci !
Cette exposition a lieu jusqu'au 14 juin 2008. Si vous passez par Rouen, faites obligatoirement un passage par le musée Flaubert. Il est installé dans la jolie villa qui était mise à la disposition du directeur de l'hôpital au XIXe siècle. C'est comme cela que Flaubert père s'y installa et que Gustave y naquit !
Si vous ne passez pas dans le secteur, faite comme nous : Effectuez le déplacement, vous ne serez pas déçus ! Il s'agit d'une exposition très émouvante où l'on découvre toutes les traces laissées par les enfants abandonnés au cours des siècles : Registres, morceaux de langes, signes de reconnaissance, lettres des mères etc.
Et surtout, j'aime le propos : ON NOUS EXPLIQUE DANS CETTE EXPOSITION QUE CE SONT DES MERES AIMANTES QUI ONT ABANDONNE LEUR ENFANT. Toutes les marques de reconnaissance ou les lettres sont là pour en témoigner. Ces femmes pauvres, victimes de la révolution industrielle en marche ne pouvaient pas faire autrement et rêvaient d'une vie meilleure pour leur enfant. Et elles espéraient que ce serait provisoire, qu'elles pourraient le récupérer un jour... Et l'exposition est très forte en ce sens qu'elle met l'accent sur l'amour filial. Aucun reproche n'est fait aux mère, au contraire. Voici une vision que j'aime par-dessus tout !
Voilà qui nous change des expositions people et provocatrices du Grand Palais...
Un registre consignant les abandons et présentant des marques de reconnaissance. Ici des morceaux de langes. Très émouvant quand on pense qu'il s'agit ici de petits bébés trop tôt décédés...
Un berceau en fonte du XIXe siècle devant un très beau tableau représentant une crèche.
Détail d'un tableau que je connais très bien pour l'avoir vu des dizaines de fois reproduit dans différents ouvrages. Il s'agit de la gardeuse d'enfants. C'est la première fois que je le voyais
"en vrai". Il est des bonheurs insignes qui tiennent à peu de choses. Beati pauperes spiritu (je parle de moi...).
Ensuite, un son et lumière peu banal a ravi tous les assistants qui n'ont pas été avares d'applaudissements. Le thème en était "Les prophéties de Jehanne". Si les quatre éléments évoqués par les quatre tableaux ne me sont apparus qu'après coup (dans le journal), j'ai été transporté de bout en bout par cette féérie de lumières et d'images de synthèse mettant parfaitement en valeur la façade néo-gothique de la cathédrale. Quand je pense qu'enfant j'avais été émerveillé par le spectable de son et lumière donné devant la pyramide de Chéops...! Avec l'avancée des techniques, celui-ci lui était infiniment supérieur...


Impressionnant, n'est-il pas ?

Celui-ci on dirait qu'il est tiré de la série "Les Mystères de l'Ouest".
J'ai trouvé le procédé visuellement agréable. Le contenu m'a aussi paru tout à fait acceptable malgré quelques erreurs : Dans une même scène apparaissent alternativement le Salon d'Hercule derrière Louis XV et la chambre du roi derrière Marie-Antoinette. Selon qu'on change de côté, on change aussi de pièce !!! On s'est évertué à grand renfort de trucages à faire mourir Louis XV dans le grand lit de Louis XIV, alors que chacun sait qu'il est mort sur un lit pliant !!! Marie-Antoinette précédée d'un garde du corps du roi lorsqu'elle quitte sa chambre le matin du 6 octobre 1789, voilà qui est cocasse.
Le principal intérêt néanmoins réside dans le fait que chaque fond de scène est une salle du Château de Versailles. J'ai aussi apprécié les scènes tournées devant des vues du château de Champs (en particulier l'appartement de la comtesse de La Motte).
ET MAINTENANT, GRANDE PREMIÈRE SUR CE BLOG : J'AI PHOTOGRAPHIÉ MA TV ! Je sais, c'est moche, mais c'est mieux que rien...

L'accouchement de Marie-Antoinette dans sa chambre de parade (mais le tissu ne sera posé qu'en 1787... wouarfff !).

Moment de détente dans la salle à manger du Petit Trianon transformée pour l'occasion en salon.

Marie-Antoinette posant avec ses enfants pour le célèbre tableau de Madame Vigée-Lebrun... dans le salon de Vénus... c'est original !

Marie-Antoinette quittant sa chambre pour échapper aux révolutionnaires le matin du 6 octobre 1789. Seulement elle n'était pas précédée par un garde du corps du roi...
L'architecture extérieure, dûe à Louis-Philippe, est assez immonde. On dirait un gros gâteau meringué écrasé par un géant qui se serait assis dessus... Mais l'intérieur est assez extraordinaire. La partie centrale, néo-classique (1816), est antérieure aux modifications de Louis-Philippe. L'ensemble est très clair, en partie grâce à une très belle coupole, mais aussi grâce à de nombreux vitraux de grande qualité commandés par le roi-citoyen.
Enfin les tombeaux sont ornés de sculptures parfois très réalistes.

La très belle coupole est l'élément majeur de la chapelle néo-classique de 1816 (avant les transformations malheureuses de Louis-Philippe).

Les exceptionnels vitraux datent de Louis-Philippe. Ici, Sainte-Adélaïde (enfin, je crois...).

Un très beau tombeau où les enfants sont représentés comme des êtres vivants et non pas en gisants glauques.
Mes remerciements à Kiki pour la visite !

